Lettre ouverte aux Tchadiens de l'extérieur et aux amis du Tchad: Ne laissez pas le Tchad vous faire peur
POLITIQUE

Lettre ouverte aux Tchadiens de l'extérieur et aux amis du Tchad: Ne laissez pas le Tchad vous faire peur

Par Djoret Tedang Biaka 30 May 2026

Lettre ouverte aux Tchadiens de l'extérieur et aux amis du Tchad

Ne laissez pas le Tchad vous faire peur

Cahier d'un voyage au pays natal

Djoret Biaka Tedang

Chères compatriotes, chers compatriotes, chers amis du Tchad et des Tchadiens,

Je suis de retour à mon lieu de travail après un séjour intense au Tchad, intervenu quelques jours après ma lettre ouverte au Président de la République. Dans cette lettre, je demandais humblement au Président Mahamat Idriss Deby de sortir de la peur pour engager le Tchad sur un chemin nouveau. Certains auraient pu y voir un acte de défiance. Pour moi, c'était d'abord un acte de fidélité : fidélité à une terre, à une histoire, à une famille, à un peuple et à une conviction. C'était aussi un acte de confiance en notre capacité collective à ouvrir, ensemble, ce chemin nouveau.

Je ne vous écris donc pas comme un homme qui parlerait du Tchad depuis un dehors définitif, ni comme un membre de la diaspora détaché du pays réel. Je vous écris comme un Tchadien qui garde un ancrage profond au pays : ma famille y vit, mes attaches y demeurent, mes projets y sont tournés, et mes combats n'auraient aucun sens s'ils perdaient le contact avec la vie concrète des Tchadiens.

Je vous écris depuis cet entre-deux que beaucoup d'entre nous connaissent : les pieds parfois ailleurs, mais le cœur, la mémoire, la colère, l'espérance et la responsabilité toujours tournés vers le pays natal.

Dans mon livre autobiographique,Sans armes, de la statistique à la lutte citoyenne, cette vérité est dite avec force : l'exil n'est pas une fuite, c'est souvent un poste avancé de la lutte. Mais ce voyage m'a rappelé que ce poste avancé ne doit jamais devenir une tour d'observation lointaine. Il doit rester relié au terrain, aux villages, aux quartiers, aux jeunes, aux familles, aux prisonniers, aux leaders locaux, aux associations, aux maisons des jeunes, à tous ces lieux où le Tchad réel continue de souffrir, de résister et d'espérer.

 

Au cours de ce séjour, j'ai visité des leaders politiques emprisonnés. J'ai rencontré des responsables de l'opposition, notamment Succès Masra, le Pr Avocksouma, Nassour Ibrahim Koursami et Max Kemkoye, ainsi que d'autres acteurs politiques comme l'ancien Premier ministre Pahimi Padacké Albert. J'ai échangé avec des acteurs de la société civile, des citoyens ordinaires, des jeunes, des femmes et des hommes qui, chacun à sa manière, portent encore une part de l'espérance nationale. J'ai aussi posé quelques actes concrets, notamment la remise d'équipements de connexion Internet au profit de jeunes de quartier et de lycée, parce que je crois que le changement ne peut pas seulement se dire : il doit aussi s'équiper, se connecter, se former et s'organiser.

De ce voyage, je reviens avec une première conviction : tout le monde connaît l'état réel de notre pays.

 Personne n'ignore la profondeur de la crise tchadienne : la pauvreté, l'injustice, les clivages, les humiliations, la peur, l'abandon de la jeunesse, la désorganisation de l'État, l'affaiblissement des libertés, la tentation permanente de gouverner par la force et par la méfiance. Même ceux qui justifient encore le système savent. Même ceux qui se taisent savent. Même ceux qui y trouvent intérêt savent que le pays est bloqué.

La contradiction nationale ne porte donc plus vraiment sur le diagnostic. Elle porte sur le chemin. L'arrogance du système MPS a reculé ; la peur de l'avenir, elle, demeure. Beaucoup redoutent que notre pays bascule dans l'inconnu d'une confrontation incontrôlable, comme dans la cour de recreation d’une école. D'autres craignent qu'une faction impose sa domination pour prolonger l'immobilisme ou réclamer sa part d'un règne sans vertu. Voilà pourquoi la question centrale et l’urgence n'est plus seulement de constater la crise, mais de définir une voie de sortie crédible.

Presque tous les Tchadiens veulent le changement. Mais nous ne nous accordons pas encore sur la manière de le rendre possible, durable, pacifique et utile au peuple. Certains veulent aller vite, d'autres craignent le chaos. Certains veulent rompre brutalement, d'autres veulent négocier. Certains exigent justice immédiatement, d'autres redoutent la vengeance. Certains se méfient de toute alliance, d'autres pensent qu'il faut parler à tous. Notre défi est donc de transformer une volonté diffuse de changement en méthode collective, en discipline politique et en stratégie nationale.

C'est ici que le rôle de la diaspora devient décisif.

Pendant des années, la diaspora tchadienne a mené un combat difficile : celui de la vérité. Elle a dénoncé, documenté, alerté, interpellé, soutenu les voix de l'intérieur et brisé le monopole du récit officiel. Elle a parlé quand beaucoup ne pouvaient pas parler. Par les réseaux sociaux, les espaces numériques, les tribunes internationales, les associations et les plateformes citoyennes, elle a rendu visible ce que le pouvoir voulait cacher.

Ma conviction est que ce combat a porté ses fruits. La diaspora a gagné le combat de la vérité et de la dénonciation. Elle a contribué à l'éveil des consciences et à la chute du mur du silence. Aujourd'hui, le pouvoir ne contrôle plus entièrement le récit national. La vérité circule, les abus sont documentés, les voix de l'intérieur trouvent des relais, le monde sait davantage et les Tchadiens aussi.
Mais une victoire appelle une responsabilité nouvelle.

La diaspora ne peut plus rester seulement dans la dénonciation. Elle doit construire sur cette victoire. Elle doit devenir une force de solutions, d'apaisement, d'organisation, d'orientation et de reconstruction. Elle doit aider à passer du cri à la méthode, de l'indignation à la stratégie, de la dénonciation à la proposition, de la peur à l'action collective.

Dans le livre blanc de la diaspora que j'avais eu le plaisir de coécrire en 2022, intitulé Pour un Tchad Nouveau, cette intuition était déjà présente : la diaspora ne devait pas être pensée comme une périphérie du pays, mais comme une composante pleine et entière de la nation. La proposition 69 allait jusqu'à demander de reconnaître à la diaspora le statut de province du Tchad. Cette idée reste puissante, à condition de bien la comprendre : il ne s'agit pas de créer une diaspora qui donne des ordres depuis l'extérieur, mais une diaspora qui assume sa responsabilité nationale, se structure, recense ses compétences, soutient les initiatives locales et crée des ponts entre l'extérieur et l'intérieur.

La diaspora au sein de laquelle j'ai eu à travailler de nombreuses années durant n'est pas hors du Tchad. Elle est une extension du Tchad : une mémoire, une compétence, une capacité de mobilisation, une force de veille, un espace de liberté indomptable, un réservoir de ressources et d'idées. Mais elle ne doit jamais oublier que la légitimité du changement appartient d'abord au peuple qui vit au pays, à celles et ceux qui supportent chaque jour les conséquences de la mauvaise gouvernance, de la peur et de l'injustice.

Ce que j'ai vu auprès des prisonniers politiques m'a profondément marqué. Je n'ai pas rencontré des hommes brisés. Je n'ai pas vu la peur dans leurs yeux. Je n'ai pas senti la résignation. J'ai vu des femmes et des hommes habités par une conviction tranquille : le combat pacifique doit continuer, les peurs doivent tomber, le pays ne doit pas être abandonné à ceux qui veulent en faire une propriété privée.

Ils n'ont pas demandé que l'on pleure sur leur sort. Ils nous rappellent plutôt à notre devoir. Par leur attitude, ils disent que l'enfermement physique ne suffit pas à emprisonner une conscience. Ils nous obligent à regarder notre propre peur et à nous demander : si ceux qui sont enfermés refusent de se résigner, de quel droit ceux qui sont libres choisiraient-ils l'abandon ? Pourquoi une diaspora dispersée dans le monde devrait-elle, elle aussi, se résigner ?

Le combat non violent n'est pas une faiblesse. Il exige de vaincre en soi la peur, la rancune et l'orgueil. Il exige de ne pas répondre à la brutalité par la brutalité, de refuser que la colère devienne notre seule boussole, et de transformer la douleur en courage, la lucidité en stratégie, l'espérance en organisation.

Notre génération doit comprendre que le jour où nous saurons affronter notre histoire, nous aurons déjà commencé à gagner notre avenir. Affronter notre histoire, pour nous Tchadiens, ce n'est pas seulement dénoncer les crimes, les confiscations et les trahisons. C'est aussi reconnaître nos divisions, nos méfiances, nos erreurs, nos silences, nos complicités parfois involontaires et nos difficultés à construire durablement ensemble.

Chères compatriotes, chers compatriotes et amis du Tchad et des Tchadiens,

Ce voyage m'a convaincu d'une chose : le système en place est beaucoup plus fragile qu'il ne veut le faire croire. Sa force apparente repose largement sur la peur qu'il inspire. Mais cette peur se fissure. Les prisonniers que j'ai rencontrés n'ont pas peur. Les jeunes que j'ai vus veulent comprendre, apprendre, se connecter et agir. Des citoyens parlent plus franchement. Même dans certains cercles proches du pouvoir, beaucoup savent que le pays ne peut pas continuer ainsi.

Le petit cercle présidentiel a peur : peur de la vérité, peur de la jeunesse, peur d'une diaspora organisée, peur des prisonniers qui ne se résignent pas, peur d'une opposition qui retrouverait le peuple, peur des initiatives rurales qui échapperaient au contrôle, peur enfin d'un Tchad qui cesserait d'avoir peur. Il a peur de ses propres fissures internes.

 

Notre rôle n'est pas de répondre à cette peur par une autre peur. Notre rôle est de faire tomber les peurs. La peur tombe lorsque les citoyens se parlent, lorsque les prisonniers ne sont pas oubliés, lorsque les jeunes sont formés, lorsque les villages sont soutenus, lorsque la diaspora revient, investit, accompagne, documente et organise. Oui, la peur tombe lorsque l'espoir cesse d'être un sentiment pour devenir une méthode.

Le Tchad nouveau ne naîtra pas seulement de la chute d'un système. Il naîtra d'une transformation plus profonde : transformation de notre rapport au pouvoir, à l'ethnie, à la région, à la religion, à la justice, à la citoyenneté, à la parole publique, à la responsabilité collective, à l'Afrique et au monde.

La proposition 101 de Pour un Tchad Nouveau portait une idée simple et forte : résister. Mais il faut aujourd'hui redonner à ce mot toute sa profondeur. Résister, ce n'est pas seulement dire non. Résister, c'est refuser la peur, la haine et la résignation. C'est protéger la dignité humaine, construire des alternatives concrètes, garder le cap de la paix lorsque tout pousse à la vengeance, et tenir debout sans devenir semblable à ce que l'on combat.

Résister, c'est aussi accepter d'incarner le changement que nous appelons. Nous ne pouvons pas appeler à un Tchad de dignité avec des méthodes d'humiliation. Nous ne pouvons pas appeler à un Tchad de justice avec des pratiques d'exclusion. Nous ne pouvons pas appeler à un Tchad de paix en cultivant la haine ou en prolongeant les lignes de séparation. Nous ne pouvons pas appeler à un Tchad nouveau en reproduisant les vieux réflexes de clans, de régions, de calculs et de méfiances.

C'est pourquoi j'appelle la diaspora à une nouvelle étape.

Ne soyez plus seulement une diaspora de dénonciation : devenez une diaspora de transformation.

Ne soyez plus seulement une diaspora de commentaires : devenez une diaspora d'organisation.

Ne soyez plus seulement une diaspora de colère : devenez une diaspora d'espérance disciplinée.

 

Chères compatriotes, chers compatriotes et amis du Tchad et des Tchadiens,

Ne soyons plus seulement une diaspora qui rappelle ce qui ne va pas. Devenons une diaspora qui montre ce qui peut être fait, non seulement pour l'État, mais aussi pour le secteur privé, pour les jeunes, les femmes, les ruraux comme les urbains.

Le premier rôle de la diaspora, désormais, est de porter l'espérance. Non pas une espérance naïve, qui nierait la brutalité du réel, mais une espérance lucide qui dit aux jeunes : votre pays n'est pas condamné ; aux familles : votre dignité reviendra ; aux prisonniers politiques : vous n'êtes pas oubliés ; aux populations rurales : vous n'êtes pas abandonnées ; aux dirigeants enfermés dans la peur : le temps de la confiscation finira. Oui, parce que nous avons les experiences des autres pays, parce que nous avons confiance en nos capacités, nous pouvoir être des vecteurs d’espérance.

Le deuxième rôle de la diaspora est d'apaiser. Notre pays est fracturé par trop de blessures, de manipulations et de récits contradictoires. La diaspora ne doit pas amplifier les haines ni devenir le lieu où l'on radicalise à distance les fractures du pays. Elle doit aider à parler à toutes les communautés, à toutes les régions, à toutes les sensibilités politiques, à toutes les mémoires blessées. Elle doit contribuer à préparer une justice qui répare sans devenir vengeance, une réconciliation qui reconnaît les victimes sans blanchir les bourreaux, une transition qui rassemble sans effacer la vérité. J'en appelle à chacun de vous, à nos leaders d'opinion, à nos médias : portez des messages d'unité et de vivre-ensemble, pour que nous restaurions demain un contrat social nouveau. Là également, nous avons le recul et les experiences d’autres pays pour comprendre que nos contradictions actuelles ou les crises sont des pages de l’histoire d’un people qui sait esperer et sur qui veillent des consciences eveillées.

Le troisième rôle de la diaspora est de soutenir les initiatives de terrain. Le changement ne viendra pas seulement de N'Djamena, des plateaux de télévision, des communiqués politiques ou des réseaux sociaux. Il viendra aussi des villages, des cantons, des ferricks, des quartiers, des groupements de femmes, des associations de jeunes, des écoles, des coopératives, des maisons des jeunes, des bibliothèques, des centres de santé, des leaders communautaires, des enseignants et des entrepreneurs locaux.

Chaque Tchadien de l'extérieur ou ami des Tchadiens peut parrainer une initiative utile au pays : une bibliothèque, une maison des jeunes, une connexion Internet, un projet agricole, un groupement de femmes, une coopérative rurale, une formation professionnelle, une école communautaire, un centre de lecture, une activité sportive, une plateforme locale de dialogue, une initiative de paix entre communautés, un projet porté par des jeunes du village, du quartier ou de la région d'origine. Il faut passer d'une population seulement résiliente à des femmes et des hommes qui prennent individuellement et collectivement leur destin en main, et restaurent leur dignité.

Le soutien aux populations rurales doit devenir une priorité stratégique. Pendant trop longtemps, la politique tchadienne a regardé les campagnes comme des réservoirs électoraux, des espaces de contrôle administratif ou des terrains d'instrumentalisation communautaire. Il faut inverser ce regard. Les populations rurales ne sont pas des masses à mobiliser seulement pendant les crises ; elles sont des actrices du changement. Elles savent ce que signifie l'abandon de l'État. Elles connaissent les conflits fonciers, les tensions entre éleveurs et agriculteurs, la faiblesse des services publics, les difficultés d'accès à l'eau, à l'école, aux soins, aux marchés et à l'information.

J'en appelle en particulier aux leaders de ces zones que le pouvoir considère comme son enclos politique, alors qu'elles bouillonnent faute d'infrastructures, de justice et de perspectives : prenez la responsabilité de faire émerger une opinion libre, enracinée et tournée vers l'avenir. Aidez-nous à tracer un chemin commun, afin que nous transcendions le piège de la division installé depuis si longtemps par les systèmes qui se sont succédé.

La diaspora doit accompagner les leaders de terrain. Elle doit soutenir les autorités traditionnelles réformatrices, les associations de femmes, les jeunes ruraux, les enseignants, les animateurs communautaires, les entrepreneurs agricoles et les médiateurs de paix. Elle doit aider à documenter les besoins, financer des microprojets, créer des mécanismes transparents de suivi, connecter les villages aux compétences disponibles et faire remonter les solutions venues du terrain.

Le quatrième rôle de la diaspora est de structurer les compétences. Nous avons des médecins, des ingénieurs, des économistes, des enseignants, des juristes, des entrepreneurs, des informaticiens, des travailleurs sociaux, des experts agricoles, des cadres de l'administration, des chercheurs, des artistes, des sportifs, des femmes et des hommes d'expérience dispersés dans le monde. Cette dispersion ne doit plus être une faiblesse. Elle peut devenir une force si elle est organisée.

Il faut créer des cercles de compétences au service du Tchad nouveau : énergie, éducation, santé, justice, agriculture, numérique, finances publiques, collectivités territoriales, entrepreneuriat, paix sociale, jeunesse, culture, environnement. Chaque cercle devrait produire des idées simples, des projets réalisables, des appuis concrets, des formations, des fiches pratiques, des notes de proposition et des mécanismes de soutien aux initiatives locales.

Le cinquième rôle de la diaspora est de contribuer à clarifier le chemin politique du changement. Le peuple veut le changement, mais il a besoin d'un chemin crédible. Il ne suffit pas de dire que le pouvoir doit partir. Il faut dire comment éviter le chaos, reconstruire l'État, protéger les libertés, organiser des élections crédibles, faire justice, réconcilier et remettre l'école, la santé, l'administration, les collectivités et l'économie au service des citoyens.

La diaspora doit donc aider à produire une pensée politique utile, non une agitation permanente. Elle doit rapprocher les acteurs de l'intérieur et de l'extérieur, encourager les convergences, soutenir les initiatives de dialogue entre forces démocratiques, pousser à l'unité sans confusion, à la fermeté sans violence, à la mémoire sans haine, à la justice sans vengeance, à la stratégie sans compromission. Face aux tribulations et aux compromissions politiques, anciennes comme récentes, la diaspora, par sa méthode et son expérience, doit faire renaître l'espoir en notre capacité à tracer et à ouvrir ce chemin nouveau.

Chères compatriotes, chers compatriotes et amis du Tchad et des Tchadiens,

Je vous écris donc pour vous dire : n'abandonnez pas le pays, la terre de Toumaï. Ne laissez pas le Tchad vous faire peur. Ne laissez pas le système vous convaincre que le retour est impossible, que l'action est inutile, que la parole est dangereuse, que la contribution est vaine. Oui, préparez ce moment de rupture qui reviendra inéluctablement et dans un avenir proche. Que cette rupture soit celle du leadership ou non, la diaspora doit refuser le fatalisme et se préparer à jouer son rôle de réparation de l'histoire et de définition d'un nouveau cap.

Revenez quand vous le pouvez.

Soutenez quand vous ne pouvez pas revenir.

Formez quand vous avez une compétence.

Financez quand vous en avez les moyens.

Connectez quand vous avez des réseaux.

Témoignez quand vous savez.

Proposez quand vous avez une idée.

Écoutez toujours avant d'agir.

Et surtout, portez partout des messages d'espérance.

Ce retour, physique ou virtuel, doit surtout être un retour de valeurs, de responsabilité et de lucidité.

Le Tchad n'est pas perdu. Il est blessé, confisqué, fatigué, mais il n'est pas mort. Il respire encore dans la dignité des prisonniers qui ne renoncent pas, dans les jeunes qui cherchent des outils, dans les femmes qui tiennent les familles debout, dans les villages oubliés, dans les consciences qui se lèvent, dans cette diaspora qui, après avoir gagné le combat de la vérité, doit maintenant gagner le combat de la construction.

Notre pays ne nous demande pas seulement de l'aimer à distance. Il nous demande de le servir avec courage, méthode et humilité. Oui, ne laissons pas la peur décider à notre place. Ne laissons pas la colère remplacer la stratégie. Ne laissons pas la dénonciation devenir notre unique horizon.

Construisons désormais les chemins du Tchad nouveau : un Tchad digne, apaisé, juste, enraciné dans ses territoires, ouvert à ses enfants de l'intérieur comme de l'extérieur, capable de faire de ses douleurs une force, de ses fractures une promesse de réconciliation et de son énergie longtemps contenue une puissance de rattrapage et de développement.

Je ne vous écris pas pour disparaître ensuite. Pour que ces appels à la diaspora ne restent pas des mots, je reviendrai vers vous avec des propositions concrètes, des actes simples, mesurables et vérifiables que la diaspora pourrait poser dans son rôle stratégique à cette période critique de la vie de notre Nation. Oui, je reviendrai vers vous, dans les prochains mois, pour proposer les premières structures de ce travail et vous rendre compte, sans détour, de ce que nous aurons engagé ensemble.

Parce que le Tchad nous appelle encore, répondons-lui avec convictions.

Répondons-lui par la vérité, l'organisation, la paix, la dignité et le progrès pour tous.


Djoret Biaka Tedang

Ancien candidat aux élections de député de la diaspora

Email : contact@djoret-biakatedang.com

WhatsApp : +225 07 68 20 37 94

Site : www.djoret-biakatedang.com

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Djoret Biaka Tedang

Djoret Biaka Tedang

Auteur et analyste politique

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